« Gagnée, pas offerte » : après le Mondial, l’équipe féminine d'Algérie vise le podium africain
Les sélections nationales féminines U20 et U18 d’Algérie ont disputé cet été leurs Championnats du monde : en Chine (juin–juillet 2026) pour les U20, en Roumanie (juillet–août 2026) pour les U18. Après la Turquie, une autre sélection Steazzi était donc présente au Mondial U20 en Chine. Une qualification obtenue à la suite des Championnats d’Afrique 2025, organisés à domicile. C’est l’occasion de découvrir ces sélections féminines et leurs objectifs pour 2027.
Entraîneure : Nadia BENZINE
Entraîneure adjointe : Djamila NAILI DOUAOUDA
Analyste & statistiques : Farida HAMEL
Quelle place a le handball en Algérie ?
Le handball occupe une vraie place en Algérie : c'est l'un des sports collectifs les plus populaires après le football, avec une forte tradition chez les hommes. L'Algérie a écrit de belles pages africaines dans les années 80 et 90. Chez les filles, la pratique se structure : championnat national, clubs qui forment, et des sélections jeunes qui se qualifient désormais aux championnats du monde. Nous ne sommes pas encore une nation majeure du handball féminin africain, mais le potentiel est réel, et c'est exactement ce que nous essayons de construire, étape par étape.

Comment Steazzi vous a aidé dans la préparation et pendant la compétition ?
D'abord, le mérite revient au travail du staff et des joueuses. L'outil ne marque pas les buts. Concrètement, après chaque match, les statistiques étaient affichées et envoyées directement aux joueuses : un gain de temps précieux dans les corrections, sur leurs performances comme sur le futur adversaire. Ensuite, nous avons enchaîné avec le séquençage. Pendant les matchs, et surtout à la mi-temps, l'analyse était à mes côtés sur le banc, toujours prête à attirer mon attention sur des points précis, et en contact avec les gardiennes pour les préparer aux jets de 7 mètres ou à un éventuel changement. C'est un appui efficace et rapide, au service du collectif mais la différence se fait sur le terrain.
Comment se sont passés les Championnats du monde pour les deux sélections ?
Les deux sélections ont évolué au plus haut niveau mondial, mais avec des résultats qui montrent encore l’écart important qui nous sépare des grandes nations.
Les U20 ont terminé 24èmes sur 32, ce qui représente une progression par rapport à notre dernière participation.
Les U18 ont terminé 31èmes sur 32, donc avant-dernières. Malgré ce classement, il y a un léger changement positif notamment avec une victoire. Lors de notre précédente participation, nous avions terminé dernières.
Sur le plan africain, nous évoluons actuellement entre la 5e et la 6e place. Le bilan doit rester lucide : l’écart avec les grandes nations est encore important, mais les résultats montrent quelques signes de progression. Surtout, l’expérience acquise par ces jeunes joueuses au niveau mondial constitue une étape importante pour leur développement et pour l’avenir de nos sélections.

Quels sont vos objectifs pour 2027 ?
Un objectif clair : arracher notre ticket de participation au championnat du monde sur le terrain, pas être repêchées. Concrètement, monter sur le podium de la coupe d'Afrique. Aujourd'hui, nous sommes entre la 5ème et 6ème nation africaine : il faut franchir 2 à 3 places et aller chercher des nations comme l'Égypte, la Tunisie ou l'Angola. C'est ambitieux, mais c'est le bon objectif pour une génération qui a maintenant une expérience mondiale dans les jambes. On veut une qualification gagnée, pas offerte.
Un grand merci pour ce témoignage et la découverte de handball féminin algérien.




